La formation pour entreprises couvre l’ensemble des actions de montée en compétences destinées aux salariés, qu’elles soient obligatoires ou volontaires. En 2023, 41 % des salariés français ont suivi au moins une formation (INSEE). Sécurité, digital, management : chaque dispositif répond à un besoin opérationnel précis et bénéficie de financements dédiés.
Types de formations en entreprise
Les formations entreprises se répartissent en deux catégories : les formations imposées par la loi et celles choisies par l’employeur pour renforcer les compétences de ses équipes. Le Code du travail (article L6321-1) distingue clairement ces deux volets.
Formations obligatoires
L’article L6321-2 du Code du travail définit la formation obligatoire comme “toute action qui conditionne l’exercice d’une activité ou d’une fonction”. Ces formations se déroulent sur le temps de travail, avec maintien de la rémunération.
| Secteur | Formations requises |
|---|---|
| Tous secteurs | Sécurité à l’embauche, entretien professionnel |
| BTP | Amiante, travail en hauteur, AIPR |
| Restauration | HACCP, hygiène alimentaire |
| Industrie | Habilitations électriques, risques chimiques, ATEX |
| Entreprise avec CSE | Formation santé et sécurité (3 à 5 jours par mandat) |
L’absence de formation obligatoire expose l’employeur à des sanctions pénales et à une faute inexcusable en cas d’accident du travail. Le risque financier dépasse largement le coût de la formation elle-même.
Formations de développement des compétences
Le plan de développement des compétences regroupe toutes les actions non obligatoires financées par l’employeur. Compétences numériques, langues étrangères, management d’équipe, gestion de projet : ces formations répondent aux besoins stratégiques identifiés lors des entretiens professionnels.
Sur le terrain, les entreprises qui forment régulièrement leurs équipes affichent un taux de turnover inférieur de 25 % selon LinkedIn Learning (2024). Un investissement mesurable, tant sur la fidélisation que sur la productivité.
Obligations légales de l’employeur en matière de formation
L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses salariés. La formation figure parmi les neuf principes généraux de prévention listés par le législateur.
Trois obligations structurent cette responsabilité :
- Contribution financière : 0,55 % de la masse salariale pour les entreprises de moins de 11 salariés, 1 % au-delà
- Entretien professionnel : tous les deux ans, avec un bilan récapitulatif à six ans
- Adaptation au poste : chaque salarié doit bénéficier d’actions pour maintenir ses compétences dans son emploi
Le non-respect du bilan à six ans entraîne, pour les entreprises de 50 salariés et plus, un abondement correctif de 3 000 euros sur le CPF du salarié concerné. Cette sanction s’applique lorsque le salarié n’a bénéficié d’aucune formation non obligatoire sur la période de six ans.
Financement des formations pour entreprises
La France consacre 56,6 milliards d’euros par an à la formation professionnelle (DARES, 2024). Les entreprises disposent de plusieurs dispositifs pour financer les formations de leurs salariés sans supporter l’intégralité du coût.
OPCO et prise en charge
Les 11 OPCO (Opérateurs de Compétences) couvrent 329 branches professionnelles. Pour les entreprises de moins de 50 salariés, ils financent jusqu’à 100 % des coûts pédagogiques. Les barèmes oscillent entre 25 et 55 euros par heure selon l’OPCO et le niveau de certification visé.
Concrètement, identifiez votre OPCO via le code NAF de votre entreprise, puis déposez le dossier trois à quatre semaines avant le début de la formation. Le détail des dispositifs de financement formation entreprise couvre les montants et démarches par OPCO.
CPF et abondement employeur
Le Compte Personnel de Formation crédite 500 euros par an pour chaque salarié à temps plein, plafonné à 5 000 euros. Les salariés peu qualifiés bénéficient d’un crédit majoré à 800 euros par an, avec un plafond de 8 000 euros.
Depuis le 2 avril 2026, le reste à charge obligatoire atteint 150 euros par formation CPF (décret du 1er avril 2026). L’employeur peut supprimer ce reste à charge en co-finançant la formation via un abondement. Cette stratégie oriente les salariés vers des formations aux entreprises alignées avec les besoins opérationnels.
Aides régionales et France Travail
Les Conseils régionaux proposent des subventions complémentaires pour les secteurs en tension. France Travail (ex-Pôle Emploi) finance des formations pour les salariés en reconversion via le dispositif Transco (Transitions Collectives). Le coût pédagogique et la rémunération sont pris en charge à 100 % pour les entreprises de moins de 300 salariés.
Droits à la formation des salariés en CDI
Un salarié en CDI cumule des droits à la formation dès son entrée dans l’entreprise. Trois leviers sont accessibles, selon que l’initiative vient de l’employeur ou du salarié.
Le plan de développement des compétences reste à l’initiative de l’employeur, qui choisit les formations et les finance. Le salarié ne peut pas refuser une formation prévue au plan, sauf si elle modifie son contrat de travail.
Le CPF sur temps de travail offre une autre voie : le salarié demande à suivre une formation pendant ses heures de travail. L’accord de l’employeur porte sur le calendrier, pas sur le choix de la formation.
Le Projet de Transition Professionnelle (PTP) finance une formation longue pour changer de métier. Condition : justifier de 24 mois d’ancienneté, dont 12 mois dans l’entreprise actuelle.
| Dispositif | Initiative | Financement | Condition d’accès |
|---|---|---|---|
| Plan de développement | Employeur | Entreprise + OPCO | Aucune ancienneté requise |
| CPF | Salarié | Droits CPF (+ abondement possible) | Droits suffisants sur le compte |
| PTP | Salarié | Transitions Pro | 24 mois d’activité, dont 12 en poste |
| Pro-A | Employeur ou salarié | OPCO | Qualification inférieure à licence |
Choisir une formation adaptée à son entreprise
Le choix d’une formation pour entreprise dépend de l’objectif visé : montée en compétences sur le poste actuel, mobilité interne ou reconversion complète. Les entretiens professionnels, obligatoires tous les deux ans, servent précisément à identifier ces besoins.
Les formations les plus demandées en 2025 se concentrent sur trois axes : compétences numériques (42 % des demandes selon France Compétences), management (28 %) et langues étrangères (18 %). Le blended learning, qui combine présentiel et distanciel, représente 65 % des formations délivrées en 2025 (Proactive Academy).
Des organismes comme le Centre européen de formation proposent plus de 130 cursus à distance, du CAP au titre professionnel. Vérifiez la certification Qualiopi avant de vous engager : seuls les organismes certifiés ouvrent droit à la prise en charge OPCO ou CPF.
Mettre en place un plan de formation en entreprise
Le plan de formation entreprise, renommé “plan de développement des compétences” depuis 2019, structure la politique de formation professionnelle en entreprise. Sa construction suit quatre étapes.
- Recueillir les besoins lors des entretiens professionnels et auprès des managers
- Prioriser les actions selon les objectifs stratégiques et les obligations réglementaires
- Chiffrer le budget en intégrant contribution légale, financements OPCO et coûts directs
- Consulter le CSE dans les entreprises de 50 salariés et plus
En pratique, une entreprise de 25 salariés avec une masse salariale de 750 000 euros verse 7 500 euros de contribution annuelle. Les prises en charge OPCO viennent compléter ce budget pour couvrir tout ou partie des coûts pédagogiques.
Les formations professionnelles gratuites et rémunérées représentent une option complémentaire pour les salariés souhaitant se former via le CPF ou les dispositifs France Travail, sans impact direct sur le budget de l’entreprise.
Prochaine étape : identifiez votre OPCO, réalisez un recueil des besoins auprès de vos équipes et construisez votre plan de développement des compétences. Les premiers résultats sur la fidélisation et la montée en compétences apparaissent sous six à douze mois.



